mardi 13 mars 2007

Le Ciel est Bleu

Bon j'ai decidé de rendre mon blog interessant. Alors je vais mettre dessus les textes que je ponds regulierement (et que je finis jamais), et vous me dites ce que vous en pensez, tout ca. Voila.

Le ciel est bleu, vide de nuages. La maigre végétation ondule aux grés d’un vent constant. Il piétine, regarde autour de lui, soucieux. Ses bottes ferrées crissent sur le sable qui recouvre le sol. Il raffermit sa prise sur son fusil d’assaut, fais quelques pas entre les rochers. Il lève les yeux vers le soleil. Ce doit être la moitié du jour, a peu près. Le vent soulève un buisson mort, qui vient se fixer contre son pantalon troué, un bleu de travail grossier, rapiécé aux genoux.
Il porte une veste en jean noir, un foulard noir noué autour du cou et une casquette, pour le protéger du soleil, un sac a dos rempli de tout le matériel nécessaire a sa survie en dehors des villes, et un fusil d’assaut dont la poignée cassée est rafistolée avec un bout de tissu, auquel pendent des gris-gris et des portes bonheur. L’air est lourd, un orage va venir.
Il se retourne, entendant qu’on l’appelle. Il se trouve un peu au dessus de la route qui serpente le long des gorges de la Loire, au fond desquelles coule un fin ruisseau. Sur les bords de la route cabossée, les chevaux broutent les buissons qu’ils parviennent à trouver, les marchands attendent, assis sur leurs carrioles remplies de jerricans d’eau, de nourriture, de filtres a air et a eau, tandis que d’autres réparent tant bien que mal la roue en bois de la carriole de tête, cassée par un cahot de la route.
Il descend vers la route. On lui fait signe que la carriole est réparée. Il marche vers son cheval tandis que les marchands attellent leurs chevaux et leurs bœufs aux charrettes. Il détache la corde qui retenait le cheval, attaché à une borne kilométrique, et monte en selle. Il dépasse rapidement le convoi qui se met lentement en route, et se met à trotter devant, son arme attachée dans le dos.
Par endroits, le bitume est complètement recouvert de terre rouge, et on ne distingue plus le tracé de la route qu’en suivant les bornes en béton qui soutiennent une glissière rongée par la rouille.
Un coup de tonnerre retentit. Au loin, un éclair déchire le ciel. Mais pas de pluie. Il n’y a jamais de pluie. Jamais de neige, ni de nuages.

Arthur n’a jamais bien compris ce qu’on entendait par saison. Depuis qu’il est petit, il fait chaud. Depuis qu’il est petit, il ne pleut presque jamais. Avant, du temps des parents de son arrière grand père, il a neigé pendant deux générations. Et puis avant il y avait le temps d’avant. Le temps d’avant, ou les gens vivaient dans des villes, ou on buvait l’eau des rivières, ou de l’herbe poussait sur la terre, ou on était pas malade. Le temps d’avant la guerre. Arthur n’a jamais compris le pourquoi de cette guerre. Ca ne l’intéresse pas.

Ce qui l’intéresse c’est de savoir si il arrivera au Puy avant la tombée de la nuit. Ce qui l’intéresse, c’est de savoir si il trouvera du travail après avoir accompagné ce convoi pour le protéger des pillards. Ce qui l’intéresse, c’est de savoir si il mangera a sa faim dans les jours a venir.

Derrière lui, le convoi ralentis en abordant une zone ou la route est couverte de pierre. Peu de charrettes ont des pneus aux roues, et la plupart, équipés de roues en bois doivent aborder les difficultés de la route avec un luxe de précautions. Les coups de tonnerre se succèdent, puis le silence revient, seulement brisé par le bruit des sabots sur le bitume, et par les grincements des essieux. Le ciel est vide. Pas un seul oiseau ne le peuple. Rien ne bouge dans le paysage, uniformément gris, couvert de pierre, parsemé par endroits de taches vertes de végétation.

Il passe un tournant, et aperçoit la ville. C’est déjà presque la nuit. Il est moins loin qu’il ne le pensait. Il ouvre une sacoche qui pend sur le flanc du cheval, et en extrait une carte d’état major plastifiée, déchirée par endroit. Il l’observe un petit moment, puis regarde autour de lui.
La ville emplit la vallée, mais elle est en ruine a quatre vingt dix pour cent. Seul le centre est habité, comme en témoignent les panaches de fumés qui émanent sans doute d’une forge ou d’un four, et les bâches colorés qui sont tendues sur des piquets pour abriter du soleil. Le Puy était une petite ville au temps d’avant, a entendu dire Arthur. Aujourd’hui c’est la capitale de la région. Plus personne ne se rend dans les grandes villes d’avant. Il n’en reste plus rien, et on attrape d’horribles fièvres en s’en approchant trop.
Il fait signe au chef des marchands. Ils arriveront en ville dans une heure.

***

Les carrioles sont arrêtées devant le point de passage. Un garde portant un brassard bleu, le symbole du Seigneur Dagan, portant une carabine, inspecte la marchandise. Le Seigneur Dagan règne sur la région et protége la ville et les villages alentours des pillards et des bandits. Dans le nord, les corporations se disputent le contrôle des terres, mais ici, elles ne viennent jamais. Rien ne les intéresse ici. Les corporations veulent de l’eau non contaminée, du pétrole, de la nourriture, des armes…

Le soldat de Dagan fais un pas en arrière, fais signe à ses hommes de dégager les barricades qui bloquent la voie. Le convoi se remet en marche, et quitte la route pour traverser le lit du fleuve a gué, juste a coté d’un pond qui s’est effondré depuis longtemps. Les charrettes progressent a présent a travers un ancien quartier résidentiel, entre les ruines de centaines de maisons toutes semblables. Petit a petit, les décombres deviennent de plus en plus denses, a mesure qu’on s’approche du centre de la ville. En haut d’un pic rocheux surplombant la place centrale, une statue de métal rouillé, a laquelle manque un bras et la tête, veille sur la ville. Au pied de cette statue des baraques en tôle sont installés. Elles abritent les stocks d’armes des hommes du seigneur, et sont le dernier bastion en cas d’attaque.
Le convoi tourne à un carrefour, et entre dans la ville proprement dite. Sur la place, des braseros brûlent.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Perso jaime bien.....
Dommage qu'il n'y est pas la suite....
Tu le dis quand tu publis j'achète direct....